João Cabral de Melo Neto (1920-1999)    

Paysage du Capibaribe                                                                                                                                                    tradução semi-livre. HMdO.

Le fleuve perce la ville
tel qu'une ruelle
est traversée par un chien;
ou bien un fruit
par une épée.

Le fleuve tantôt ressemblait
à la langue souple d'un chien,
tantôt au ventre affligé d'un chien,
tantôt cet autre fleuve
(fait) de tissue fluide et sale
tel que les yeaux d'un chien (qui pleure).

Ce fleuve là
était bien comme un chien sans plumes.
Il ne saveit rien ni de la plui bleue,
ni de la fontaine rose,
ni de l'eau d'un verre d'eau,
ni de l'eau d'une cruche,
ni de poissons de l'eau,
ni de le souffle sur l'eau.

Il connaissait alors les crabes
du limon et de la rouille.
Il connaissait alors la boue
comme si elle était une muquese.
Il devrait bien connaître les pieuvres
ça il connaissait sûrement
la femme fébrile chez les huîtres.

Ce fleuve là
ne s'ouvre jamais en poissons,
à l'éclat,
à l'inquiétude d'un poignard
qu'il y a chez les poissons.
Voyez, il ne s'ouvre guère en poissons.
néamoins, il s'ouvre en fleurs
pauvres et bien foncées
comme des nègres.
Il s'ouvre en un flore
sale et plus mendiant
comme on trouve chez les clochards noirs.
Il s'ouvre en marécages
aux feuilles fermes, crépus
comme d'un noir.

Souple tel que le ventre
d'une chienne enceinte,
le fleuve grossit
sans jamais s'éclater.
Or, il y a dans ce fleuve,
un accouchement coulant, invertébré
comme s'il était lui même une chienne.

Moi, je ne l'ai jamais vu bouillir
(comme bouillonne
le pâte à pain qui fermente).
En se taisant,
le fleuve portait sa pauvre fertilité
déjà fécondé par de terre noire.

Il se donne tout en silence:
en couches de terres noires.
en bottes ou gants de terre noire
soit pour le pied, soit pour la main
qui y plonge.

Il avait, alors, un peu
de la stagnation d'un fou.
Quelque chose du marasme
de l'hôpital, maison d'arrêt, asile
de la vie, sale et étouffant
(du linge sale et étouffant)
d'où il vint en se traînant.

Étant donné que parfois
les chiens y passent,
le fleuve semblait se rendre stagnant.
Ses eaux coulaint alors
encore plus denses et tièdes;
elle coulaient par des flots
denses et tièdes
d'un serpent.

Un quelque chose d'immobilisme
des palais gâtés
vermoulus
par la moisissure et les plantes parasites
un peu de la stagnation
des arbres fort pensu
d'où gouttaient des milliers de sucres
coutume des salles à manger de Pernambouc,
d'où il vient en se traînant.

(Et là,
en tournand le dos au fleuve,
d'où <<les familles spirituelles>> de la ville
couvent les gros œufs
de leur prose.
Dans la paix ronde des cuisines,
les voilà qui remuent vicieusement
leurs chaudrons
de la paresse visquese).

Est-ce que l'eau de ce fleuve
était-elle le fruit d'un arbre?
Pourquoi semblait-elle
être de l'eau autant mûre?
C'est peut être parce que là, toujours,
il sembaient poser les mouches?

Ce fleuve là
a-t-il sauté gaiment quelque part?
fut-il une chanson ou fontaine, ailleurs?
pourquoi alors est-ce que ses yeaux
éteient-ils colorés en azur,
sur les cartes?

                                                                            Poeta Pernambucano.
                                                                            dito Poeta Engenheiro.

 
Paisagem do Capibaribe

A cidade é passada pelo rio
como uma rua
é passada por um cachorro;
uma fruta
por uma espada.

O rio ora lembrava
a língua mansa de um cão,
ora o outro rio
de aquoso pano sujo
dos olhos de um cão.

Aquele rio
era como um cão sem plumas.
Nada sabia da chuva azul,
da fonte cor-de-rosa,
da água do copa de água,
da água de cântaro,
dos peixes da água,
da brisa na água.

Sabia dos caranguejos,
de lodo e ferrugem.
Sabia da lama
como de uma mucosa.
Devia saber de polvos.
Sabia seguramente
da mulher febril que habita as ostras.

Aquele rio
jamais se abre aos peixes,
ao brilho,
à inquietação de faca
que há nos peixes.
Jamais se abre em peixes.
Abra-se em flores
pobres e negras
como negros.
Abre-se numa flora
suja e mais mendiga
como são os mendigos negros.
Abre-se em mangues
de folhas duras e crespas
como um negro.

Liso como o ventre
de uma cadela fecunda,
o rio cresce
sem nunca explodir.
Tem, o rio,
um parto fluente e invertebrado
como  de uma cadela.

E jamais o vi ferver
(como ferve
o pão que fermente).
Em silêncio,
o rio carrega sua fecunda probre,
grávido de terra negra.

Em silêncio se dá:
em caps de terra negra.
em botinas ou luvas de terra negra
para o pé ou a mão
que mergulha.

(E nelas,
mas de costas para o rio,
que <<as grandes familias espirituais>> da cidade
chocam os ovos gordos
de sua prosa.
Na paz redonda das cozinhas,
ei-las a revolver viciosamente
seus caldeirões
de preguiça viscosa).

Seria a água daquele rio
fruta de alguma árvore?
Por que parecia aquela
uma água madura?
Por que sobre ela, sempre,
como que iam pousar moscas?

Aquele rio
saltou alegre em alguma parte?
Foi canção ou fonte
em alguma parte?
Por que então seus olhos
vinham pintados de azul
nos mapas?




ÚLTIMA ALTERAÇÃO: 15/07/2005