Pyladea occasum solis
Carolus Baudelaire, floresque mali.

(accommodatio: H.M. de Oliveira)

pulchra subit sole novum,
quasi explosio, reiecto -- diemei dilecti!
- Beatus cum amore
salutem suum magis somnium præclarius!

memini! Vidi omnia, flos, fons, sulco.
exanimata conspectu eius quasi corde quod pulsat...
- curre ad horizontem, suus nuper ad occidentem
ad capiendos unus saltem oblique illuminas!

sed hoc fugent in vanum quia dea qui ambulat absint;
in intolerabilisa nocte constituito eius imperium
niger, humidum, tristis et plena infrigidat;

sepulcralis odor errat in nocturnis
in extremis paludem pes meus conlidat terribiliter
inopinatos bufones, sicut et cochleas.

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Le coucher du soleil romantique.

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour!
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve!

Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon!

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire;
La irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.