SEMPER EXTERGEO TUUM OCULIS

Paulus Eluard, MCMXXVI.

Tardus diebus, pluviis diebus,
Diebus confractum speculis e acus perierat,
Diebus clausa palpebris ad horizontem maris,
Simili modo horas, dies captivitatis.

Spiritum meum adhuc lucens in foliis
E flores, animo meo nudum ut amor,
Ad oblitus matutinus demittit caput eius.
Et contemplari corpus eius obediens, et vanæ.

Tamen, vidi pulcherrima oculi mundi
Diis argenteis, qui tenebant sapphiris
        [in manibus eorum,
Real deos, aves in terram.
Et in aqua Vidi illos.

Mea sunt hæc alas, nihil est.
Horum fuga agitabit miseriæ meæ,
Horum fuga et stella lux.
Fugit terra, lapides furtum.
Fluctibus cornibus.

Vitæ et mortis in cogitationes meæ.



LEURS YEUX TOUJOURS PURS

Jours de lenteur, jours de pluie,
Jours de miroirs brisés e d'aiguilles perdues,
Jours de paupières closes a l'horizon des mers,
D'heures toutes semblables, jours de captivité,

Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
E les fleurs, mon esprit est nu comme l'amour,
L'aurore qu'il oublie lui fait baisser la tête
Et contempler son corps obéissant et vain.

Pourtant, j'ai vu les plus beux yeaux du monde,
Dieux d'argent qui tenaient des saphirs dans
        [leurs mains,
De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
E dans l'eau, je les ai vus.

Leus ailes sont les miennes, rien n'existe
Que leur vol qui secoue ma misère,
Leur vol d'étoile e de lumière
Leur vol de terre, leur vol de pierre
Sur les flots de leurs ailes,

Ma pensée soutenue par la vie e la mort.